Journée des OP France OP Lait 2026 - Les OP : actrices incontournables de la filière laitière
- 17 juin
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Le 16 juin 2026, à la Maison du Lait à Paris, France OP Lait a réuni son réseau pour sa Journée des OP. Devant producteurs, industriels et distributeurs, la fédération a présenté son projet stratégique à 5 ans qui vise à faire reconnaître les organisations de producteurs comme des actrices économiques à part entière de la filière laitière.
Une fédération qui rassemble tous les modèles
Seule fédération de représentation et de défense des OP laitières, France OP Lait réunit en 2026 25 OP et 1 association d'OP. Son réseau représente 5 355 producteurs et 2,8 milliards de litres de lait de vache et de brebis collectés. Il rassemble tous les modèles d'organisation, OP de mandat comme OP avec transfert de propriété, en conventionnel comme en agriculture biologique et sous signes de qualité. La force de la fédération tient à sa capacité à porter d'une voix audible des demandes communes, sans imposer de modèle unique.
Trois ambitions pour les OP
France OP Lait a rappelé que la représentation des maillons de la filière n'a pas évolué depuis la création des OP et la fin des quotas. Actrices de la première mise en marché du lait, les OP ne bénéficient pas encore d'une reconnaissance formelle, ni dans les relations commerciales, ni auprès des décideurs, ni dans les instances de la filière. La fédération porte trois ambitions : renforcer la reconnaissance institutionnelle des OP et de leur fédération, faire reconnaître les OP comme actrices économiques indépendantes quel que soit leur modèle, et être partie prenante des orientations de la filière, avec un accès aux travaux et à l'information.
Loi d'urgence agricole
La journée s'est tenue à la veille de l'examen de la loi d'urgence agricole par la commission des affaires économiques du Sénat, le 17 juin, avant une séance publique attendue à compter du 29 juin. France OP Lait porte quatre demandes auprès des sénateurs : reconnaître les indicateurs des OP comme socle de la négociation, supprimer l'obligation de recourir aux seuls indicateurs interprofessionnels, maintenir une vigilance sur le prix plancher, maintenir les sanctions administratives applicables aux clauses d'alignement concurrentiel.
Producteurs, industriels et distributeurs autour d'une même table
Animée par Christelle Groussard et Frédéric Dorilleau, et précédée d'un point de conjoncture du CNIEL, la table ronde a réuni Sébastien Ginisty (président de l'OP Bassin de Roquefort), Frédéric Pierron (représentant de Biolait), Marc Delage (président du collège distribution du CNIEL), François-Xavier Huard (président du collège des industries laitières du CNIEL) et Anthony Déchaux (réalisateur de La Guerre des prix).
Les premiers échanges ont donné lieu à de nombreux renvois entre François-Xavier Huard et Marc Delage, chacun renvoyant à l'autre la question de la transparence et des marges. Sébastien Ginisty a comparé la scène à un match de tennis à Roland-Garros. Anthony Déchaux a invité industriels et distributeurs à cesser de se renvoyer la faute, pour reconnaître qu'elle est partagée et chercher ensemble comment avancer.
Les positions de chacun se sont ensuite précisées
Sébastien Ginisty a rappelé qu'une OP de mandat ne pèse qu'à condition de jouer le collectif et la solidarité pour négocier d'égal à égal. Il a posé deux exigences, la considération et la transparence sur la construction du prix, et alerté sur le renouvellement des générations : un atelier laitier qui s'arrête ne redémarre pas.
Frédéric Pierron a présenté la recette d'une OP forte, un projet collectif porté par les producteurs, l'indépendance et l'accès aux données. Il attend la reconnaissance des OP au sein de l'interprofession, condition d'accès à l'information et à la réflexion, et de leur professionnalisation.
Marc Delage a défendu un métier soumis à une demande client volatile et rappelé que la distribution n'a aucun intérêt à la disparition de la production française. Il a mis en avant le contrat tripartite comme garantie de visibilité, renvoyé la question des marges à l'industrie et proposé des réunions d'échange régulières entre la distribution et les OP.
François-Xavier Huard a résumé l'enjeu d'une formule, il n'y aura pas d'industriel laitier fort sans OP fortes, et plaidé pour sortir d'une guerre des prix qu'il juge perdante pour tous. Il s'est dit favorable à un meilleur accès des OP à l'information au sein du CNIEL.
Anthony Déchaux a renvoyé chaque maillon à sa part de responsabilité et critiqué la réduction du débat au seul pouvoir d'achat alimentaire, qu'il juge délétère pour la filière.
France OP Lait est favorable à une relation saine et gagnant-gagnant entre tous les maillons de la filière. Mais elle la construira sans naïveté sur les comportements des uns et des autres. La fédération continuera de veiller à ce que chaque maillon respecte les OP et la place qui doit être la leur, dans la négociation comme dans les orientations de la filière.
La Journée des OP 2026 a été organisée avec le soutien du Crédit Mutuel et du Groupe Seenergi.
Contact presse : Loïc ADAM, président de France OP Lait, 06.72.02.55.29


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